Commission – BTP

CRISE DU LOGEMENT AU GABON 

Introduction

Selon la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, tout citoyen à droit à un logement

« décent et indépendant ».

La notion de « décence » est définie par des textes réglementaires. Elle intègre la présence d’équipements de confort tels que les sanitaires, l’électricité, l’eau, la sécurité et ainsi que la salubrité. Cette indépendance n’est pas définie réglementairement, ce qui ne la prive pas pour autant de sens et de portée juridique.

Il convient donc à chaque état de s’assurer de ce droit et obligation envers l’ensemble de ses citoyens.

Problématique du logement au Gabon et début de solution par l’état

Selon le rapport du Plan National de Développement pour la Transition PNDT 2024-2026, il est fait état d’un déficit national en logements estimé en 2024 à 300.000 unités.

De plus il existe également un fort déficit dans la production des titres fonciers au Gabon, ce qui complexifie et rend impossible les financements des projets de constructions de maisons.

Afin de résoudre cette problématique, les plus hautes autorités pour ces trois années à venir 2024- 2026 ont mis en place plusieurs programmes à la fois de construction de logements, mais aussi de mise à disposition des populations des parcelles viabilisées et prêtes à construire. Nous avons par exemple :

  • Le projet de construction de 6.000 logements sociaux sur l’ensemble du territoire (type de villas F3 et F4 plain-pied)
    • Le projet de construction de 510 logements et aménagement de 16.000 parcelles dans le grand Libreville (ALHAMBRA, BIKELE et ESSASSA)
  • Le projet MOVINGUI consistant en l’aménagement et le lotissement d’une assiette foncière de 385 hectares en parcelle de 500 m2 dans la commune de NTOUM à OKOLASSI soit 7.700 parcelles
  • Le projet « MELISSE Le DOMAINE DU GOLF » lotissement résidentiel, qui est un ensemble de 340 logements dans une parcelle entièrement clôturée de 14,5 hectares dans la zone de Mindoubé.

En considérant l’ensemble de ces programmes de logements sur les 3 ans à venir et en considérant que l’ensemble des parcelles mises à disposition par l’état gabonais aux populations soient construites, nous aurons en fin 2026 logé 30.550 foyers gabonais.

Cependant en prenant les dernières analyses et études du logement depuis 2019 selon le Plan d’Accélération de la Transformation PAT, le déficit en logements au Gabon croit de 2,5% chaque année. Ce qui veut dire en partant de cette croissance que :

  • Déficit logements en 2024 est de 300.000 unitésDéficit logements en 2025 sera de 307.500 unitésDéficit logements en 2026 sera de 315.188 unités

Donc en 2026 après que l’état aura construit et mis à disposition des parcelles viabilisés pour un total de 30.550, le déficit en logements sera de 284.638 unités (315.188 – 30.550) soit un taux de résolution de la crise du logement actuel de 5,12% ((300.000-284.638)/300.000*100)

Déficit par province

Le déficit de logement au Gabon à ce jour est de 300.000 unités, et il est reparti suivant les tableaux en dessous

Contribution de l’état

Afin de solution cette crise du logement au Gabon, il y a plusieurs mécanismes sur lesquels l’état doit agir afin que sa politique du logement soit effective.

Ces mécanismes sont :

  • La production massive de terrains avec titres fonciers. Comme vu, plus haut, il n’existe qu’à peine 32.000 titres fonciers au Gabon à ce jour alors que le besoin en logements est de

300.000 avec un objectif de réalisation de 30.550 logements pour 2026, donc nous devrions avoir le même nombre de titres fonciers crées. La politique de production de titre foncier doit pouvoir être alignée à la politique de production de logements au Gabon.

  • Remise en place de fonds à long terme tels que le CRH (Compte de Refinancement de l’Habitat) ou FNH ( Fond National de l’Habitat) pour soutenir la politique du logement et permettre à la grande majorité des gabonais à prétendre à un crédit immobilier à savoir l’obtention d’un prêt à longue durée d’au moins 15 ans et des taux réduit à savoir moins de 6%.
  • Une exonération fiscale et douanière pour les promoteurs sous certaines conditions notamment ceux qui produisent des logements sociaux.

Solution par les promoteurs immobiliers privés et investisseurs

Au travers de ces chiffres, nous voyons que l’état seul ne peut parvenir à cette crise du logement gabonais.

Et d’ailleurs dans l’ensemble des pays du monde, ce n’est pas le rôle premier de l’état de construire des logements, mais de créer des conditions administratives et juridiques afin de favoriser ces constructions.

C’est pour cette raison que l’état Gabonais fait appel aux opérateurs économiques privés (promoteurs immobiliers et investisseurs) via des Partenariats Publics-Privés (PPP) ou des contrats type BOT (Built, Operate,Transfer).

Nous constatons également un problème actuel au niveau de l’Afrique et en particulier au Gabon, que l’accès à l’électricité et de l’eau est de plus en plus difficile avec le fort taux d’urbanisation et de la croissance démographique en général. La SEEG pratique de plus en plus la politique du délestage en eau et en électricité

Avec les catastrophes naturelles actuelles, et les forts enjeux climatiques, il est nécessaire de penser à des logements respectueux de l’environnement.

De plus avec la démographie africaine en hausse constante, il est nécessaire d’anticiper le logement de ces derniers surtout en zones urbaines.

En prenant ces trois points cumulés cités plus haut à savoir le besoin actuel, les problématiques d’accès à l’eau et l’électricité, aux enjeux climatiques, il est nécessaire de proposer aux populations un nouveau type de façon de construire à savoir des maisons autonomes en eau et électricité.

Des maisons à énergies positives.